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Un homme à terre

jeu, 13 mars 2008

... Militante


© Charles Despiau, http://www.charles-despiau.com/es

J’ai noté que dans la mouvance de ce féminisme agressif que je déteste, celui qui prône en poussant les hauts cris que l’homme est l’Ennemi, il est de bon ton de railler le Mâle, en plus de le castrer symboliquement chaque fois que c’est possible.

Donc l’Homme, affublé par une certaine catégorie de féministes de tous les défauts de la Terre et responsable de ses fléaux, se retrouve parfois traité comme un moins que rien, et accusé de se conduire comme tel. Il se retrouve la proie d’accusations paradoxales : sa virilité, sa force brute, la mâle puissance de ses assauts et toute cette testostérone bouillonnante sont considérées comme autant de menaces à juguler.

Attention, la testostérone dont je parle, ce n’est évidemment pas celle qui l’amène à penser qu’une femme doit forcément avoir en charge le ménage et qui le persuade que “non” veut en fait dire “oui”.

Ce serait plutôt celle qui le pousse, par exemple, à tirer sur des méchants virtuels avec une console de jeux entre les mains parce que son champ de vision est fait pour ça -il chassait la bouffe de la famille, y a très très longtemps. Notre champ de vision à nous, il est plutôt périphérique -on surveillait les mômes devant la caverne, y a très très longtemps.

Je pense aussi à la testostérone qui fait que pour fendre cinq stères de bois c’est le meilleur (et non, je ne considère pas qu’une force musculaire naturellement supérieure à la nôtre soit une insulte au féminisme, n’en déplaise aux camionneuses), et je pense également à la testostérone qui le contraint presque à mater tous les culs qui passent dans la rue -il avait en charge d’assurer la survie de l’espèce, y a très très longtemps. Et je dis bien TOUS les culs, même les moches !

Il y aussi la testostérone qui l’amène à se taire quand il va mal, alors que nous on parle, parle, parle, jusqu’à ce que mort s’ensuive…

Et n’oublions pas la testostérone qui peut l’entraîner à bomber le torse en nous tenant possessivement par la taille quand il arpente les rues à nos côtés -c’est MA femelle !-, bref la testostérone de base. Celle qui lui donne des couilles, sans nous couper le sifflet.

 

Donc ça, c’est mal, pour certaines. Le Mâle doit tempérer sa Mâlitude pour ne pas faire d’ombre à la Féminitude poussée aux hormones (mâles) par le féminisme hargneux.

Mais quand l’Homme ne jette pas des poignées de testostérone autour de lui pour bien montrer qu’il a des couilles, et qu’il s’abstient soigneusement de pisser partout pour marquer son territoire (car l’Homme est aujourd’hui civilisé : la Féministe couillue l’a en effet éduqué à grands coups de baffes dans la gueule et de coups de pieds dans les burnes), il est également cloué au pilori par ces mêmes féministes. Parce qu’en cas de faiblesse avouée, de vulnérabilité passagère, l’Homme passe pour une mauviette. Combien de femmes ai-je entendu dire que les mecs sont des chochottes ? Des douillets ? Que dès qu’ils ont mal quelque part, ils sont insupportables ? Combien de fois l’ai-je entendu dire SERIEUSEMENT ? Trop à mon goût.

Je pratique, pour ma part, un féminisme pacifique. Alors qu’on ne vienne pas m’emmerder avec la lutte des femmes pour leur émancipation ; je suis parfaitement consciente du fait que je n’ai pas eu moi-même à me battre pour avoir le droit, au choix ou cumulativement si ça me chante : de prendre la pilule, de pas baiser si j’ai pas envie, d’avoir un compte en banque à mon nom, de gérer mes biens propres, d’ester en justice, d’exercer une profession sans avoir besoin de l’accord de mon époux, de disposer librement de mon salaire, de me faire avorter sans être obligée de m’enfiler des aiguilles à tricoter dans l’utérus au fond d’une cave… La liste n’est pas exhaustive, mais OUI je suis consciente de ma chance, et je remercie pour les droits qui sont les miens aujourd’hui celles qui ont souffert et lutté avant moi.

Pour autant, je refuse de considérer l’homme comme un ennemi et d’assimiler tout ce qui fait sa virilité à un manque de respect pour les femmes. Le mec avec qui j’ai signé jusqu’à ce que la mort nous sépare n’est pas le descendant des oppresseurs d’antan. Il n’a pas à payer pour les autres. Sa virilité n’est pas un danger pour moi. Je me sens très féminine et je suis sûre de moi : je ne vois donc aucune menace dans ce qui, en lui, le rend si différent de moi et alimente notre complémentarité.

L’homme, je l’aime donc tel qu’il est. Bien sûr il y a des gros cons. Mais il y a aussi des grosses connes. C’est ça la parité, l’égalité, le féminisme, pour moi : les femmes ont aussi gagné le droit d’être des connasses en puissance. Et quand les femmes sont des connasses féministes (à l’opposé des féministes merveilleuses dont j’admire l’oeuvre et les convictions), elles mettent le paquet et savent se montrer extrêmement efficaces. La connasse féministe est assez pénible. J’ai fini par éviter d’en fréquenter, parce que la connasse féministe, au demeurant intelligente et cultivée la plupart du temps, est une machine à castrer difficile à supporter. Je plains d’ailleurs le compagnon de la connasse féministe, du moins quand elle en a trouvé un qui la supporte…

Alors quand l’homme n’est pas un gros con, je l’aime. Je ne cherche pas à le changer. Je le respecte.

De fait, grâce à la lutte féministe à laquelle je rends grâce à nouveau, je n’ai pas eu à épouser le premier connard venu pour pouvoir me barrer de chez mes parents. J’ai fait ma vie avec un homme que j’aime et qui me le rend bien. C’est du boulot, je dis pas, hein. L’amour c’est un bon début, mais personne n’a prétendu que ça suffisait pour vivre heureux ensemble… Et il y a des jours où je boufferai volontiers ses couilles en tartines sur mon pain grillé. De même qu’en certaines occasions, il doit être tenaillé par l’envie de me débiter en tranches fines pour que je ferme ma grande gueule.

Alors merci aux féministes. Pour tout le chemin déjà parcouru quand je n’étais pas encore née, pour celui qui nous reste à faire et pour lequel je crois en la condition féminine.

Mais bordel de merde, j’aimerais bien qu’on cesse de demander tout et son contraire à l’homme moderne : viril mais pas trop, sensible mais pas trop, galant mais… ah, non, galant c’est jamais trop, comme quoi cracher dans la soupe, ça lui donne du goût. Bon, un homme c’est un homme. Un amant. Un père. Pas une femme ni une mère. Et c’est très bien comme ça.

Le mien a la grippe, depuis hier soir. Il a 40° de fièvre, des sueurs froides, et pour la première fois en 3 ans, il n’est pas allé bosser ce matin. Il est, pour l’heure, pitoyablement allongé sur le canapé, frissonnant sous une couverture. La vérité, il fait de la peine. Mais c’est pas une mauviette. C’est un gars robuste, bien que salement amoché… La grippe, ça te met un homme à terre. La grippe, c’est du féminisme hargneux viral : ça te terrasse alors que t’as rien fait, c’est épidémique et ça frappe aveuglément ; ça s’attaque à toute une espèce, assimilant coupables et innocents en une seule et même force destructrice dirigée contre l’essence même de l’espèce attaquée.

Je t’aime, mon chéri. Et aux chiottes les acquis du féminisme : je te ferai de la tisane, je t’apporterai des mouchoirs propres, je veillerai à ce que tu aies tout ce qu’il te faut à portée de main. Je prendrai soin de toi, tout couillu que tu es, au nom de la parité, comme tu prends soin de moi quand je suis malade. Et moi, je trouve que tu supportes bien ta souffrance. La grippe, c’est vraiment de la merde. Et j’en viens à me demander dans quelle mesure le féminisme est ou non sur la même pente.

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Dans le même (mauvais) genre :

 

1 réactions à ce fantastique billet :

  1. tykayn dit :

    rha c’est beau l’amour *-*

    Mais ouais la dernière fois que j’ai entendu parler de féminisme en direct live par une camarade de classe, tout le mal des femmes est à cause du pouvoir des bites (et pas des hommes, nuance). On est féministe parce que notre mère l’est, et qu’on est une femme qui préfère vivre avec des femmes parce que « les mâles cémal » ©
    C’était nuancé par moments avec des « les femmes aussi sont les ennemies du féminisme ».
    Mais pour ce qui est de la parité ce n’était pas dans les optiques de cette véhémente porte parole.
    Har!!

1 Trackbacks pour cet article :

  1. La Théorie du Super-Héros - le "marteau-piqueur" | //// TheFreeboxer.net ////// aime vivre dangereusement et dit que :

    [...] peut se faire de l’homme élevé avec GiJoe, il y a les vrais connards comme ça, ou cet énorme billet… Nous allons nous intéresser au premier cas, le connard de base, que ce soir nous nommerons [...]

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(J’hésite encore)

I’m gonna fight ‘em off
A seven nation army couldn’t hold me back
They’re gonna rip it off
Taking their time right behind my back
And I’m talkin’ to myself at night
Because I can’t forget
Back and forth through my mind

Behind a cigarette
And the message comin’ from my eyes says leave it alone…

Don’t wanna hear about it
Every single one’s got a story to tell
Everyone knows about it
From the Queen of England to the hounds of hell
And if I catch it comin’ back my way
I’m gonna serve it to you
And that ain’t what you want to hear
But that’s what I’ll do

And the feeling coming from my bones says find a home…


When the outside temperature rises
And the meaning is oh so clear
One thousand and one yellow daffodils
Begin to dance in front of you – oh dear
Are they trying to tell you something?
You’re missing that one final screw
You’re simply not in the pink my dear
To be honest you haven’t got a clue
I’m going slightly mad
It finally happened
It finally happened
It finally happened – I’m slightly mad
Oh dear!
I’m one card short of a full deck
I’m not quite the shilling
One wave short of a shipwreck
I’m not at my usual top billing
I’m coming down with a fever
I’m really out to sea
This kettle is boiling over
I think I’m a banana tree
Oh dear, I’m going slightly mad
It finally happened : I’m slightly mad – oh dear!
I’m knitting with only one needle
Unravelling fast its true
I’m driving only three wheels these days
But my dear how about you?
I’m going slightly mad
It finally happened oh yes
I’m slightly mad!
Just very slightly mad!
And there you have it!

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